Canal de Panama, mode d’emploi

Aaaaah, le canal de Panama, cet ouvrage incroyable et gigantesque qui permet de passer d’un océan à l’autre ! Cette étape clé qui amène son lot de formalités et de questions : avec ou sans agent ? Quel est le matériel nécessaire ? Comment ça se passe ?

Je vous livre ici notre experience, bien sûr tout le monde ne vit pas la même chose et ne fait pas les mêmes choix.

Je vous conseille tout d’abord de lire le document PDF de Alix et Johan, qu’ils ont publié sur Hisse Et Ho et qui est une mine d’informations. Un grand merci à eux ! Vous le trouverez ici, dans le commentaire d’Alix972 du 30 septembre 2016 : https://www.hisse-et-oh.com/articles/964-canal-de-panama-mode-d-emploi

Sur le site des Autorités du Canal de Panama : www.pancanal.com, vous trouverez également beaucoup d’informations et des documents à télécharger, notamment « Procedures for securing a handline transit of the Panama Canal » et formulaire 4405-i « Procedures to arrange Handline Transit ».

Avec ou sans agent ?

Nous avions beaucoup entendu, les derniers temps, qu’il n’etait plus possible de transiter le Canal sans prendre d’agent. Et puis nous avons lu le document d’Alix et Johan (ci-dessus), et lu le blog www.viensvoirlamer.wordpress.com, article Panama Papers, qui nous ont rassuré sur ce sujet. Alors nous nous sommes lancés tous seuls comme des grands dans ces démarches et nous sommes très contents de notre choix, car ce n’est pas compliqué. Tout le personnel du canal parle très bien anglais.

Ceux qui choisissent de prendre un agent ont deux possibilités : prendre un agent officiel, qui leur facturera ses services 350 dollars, et qui fera toutes les démarches pour eux. Le fait de passer par un agent officiel permet de ne pas verser de caution aux Autorités du Canal. Ou prendre un agent non officiel : Tito, pour 75 dollars, ou Susi, qui parle francais, pour 350 dollars. Les agents non officiels ne feront pas les démarches pour vous, ils fournissent simplement une aide aux démarches. 
Je détaille ici les différentes étapes lorsque comme nous, on fait le choix de ne pas prendre d’agent, officiel ou non.
Première étape : faire mesurer le bateau…

…Car de la taille du bateau dépend le prix. Nous avons télechargé le formulaire 4405-i sur le site des autorités du Canal puis l’avons rempli et envoyé par mail a OPTC-ARA@pancanal.com le vendredi 7 avril. Le lundi 10 avril nous avons appelé le service de mesure des bateaux au 507 443-2293 pour connaitre la date de rendez-vous, qui était le jour-même. Nous nous sommes donc rendus sur le flat, zone de mouillage située entre quatre bouées jaunes à l’entrée du canal, où nous avons attendu le « mesureur ». Il est aussi possible de se faire mesurer à la marina Shelter Bay. Le mesureur nous a posé des questions sur les amarres et les pare-battages nécessaires pour le passage, que nous n’avions pas encore, les taquets, la caisse à eau noire des toilettes, que nous avons mais qu’il n’a pas vérifiée, notre capacité à fournir de l’eau potable et des repas au transit advisor le jour du transit, ainsi que la présence à bord d’une corne de brume à gaz. Celle toute simple dans laquelle on souffle, la seule que nous avons, n’est pas acceptée. Nous en avons trouvé une plus tard au petit shipchandler du Club Nautico pour 10 dollars. 

A l’issue de la mesure, on nous a remis un carton avec le numero d’identification du bateau, un papier à presenter à la Citi Bank pour le paiement, et une copie de tous les formulaires remplis avec le mesureur.

Deuxième étape : payer le transit 

Pour cela il faut se rendre à la Citi Bank avant 15h. Le paiement se fait en liquide. Nous avons laissé le bateau au Club Nautico et avons ensuite pris un taxi. Le chauffeur de taxi ne savait pas où etait la Citi Bank, heureusement nous avions un accès internet sur notre téléphone et avons pu lui montrer un plan. Il faut préciser au chauffeur que la Citi Bank est à Puerto Cristobal.Nous avons payé 5 dollars de taxi, ce qui est largement au-dessus des prix. 

Nous sommes allés à la Banitsmo (à 200 m environ de la Citi Bank), qui possède un distributeur à l’interieur de la banque, avec entrée gardée, nous nous sentions plus en sécurité. Nous avons retiré les 1875 dollars nécessaires. Nous avions au préalable demandé une autorisation de retrait exceptionnel à notre banque.

A la Citi Bank, nous avons présenté au guichet dédié au paiement du Canal le document « Admeasurement  Clearance and Handline Inspection » et rempli le formulaire : « Attachment to form 4614 » pour le remboursement de la caution qui se fera par virement. Nous avons ensuite payé en liquide la somme de 1875 dollars : 800 dollars de transit, 891 dollars de caution, 130 dollars de taxe de sécurité et 54 dollars de taxe d’inspection. 

Troisieme étape : obtenir une date de passage

Le jour du paiement, après 18 heures, nous avons appelé le service des plannings au 507 272-4202 pour connaître notre date de passage. Elle était d’abord fixée au 9 mai, soit un mois d’attente. Il est de notre responsabilité d’appeler régulièrement pour connaitre les éventuelles modifications de date. Les autorites du Canal ne nous préviennent pas. Nous avons d’abord été avancés au 5 mai puis au 4, puis au 23 avril mais nous n’étions pas prêts donc nous avons refusé cette date. Puis nous avons été de nouveau reculé au 5 mai. Ces changements de date incessants ont été notre plus grosse part de stress puisqu’il fallait organiser la venue des handliners.

Ce qui est nécessaire pour passer le canal : 

– 4 haussières de 38 mètres de long minimum et de diamètre 22 mm minimum. Possibilité de les louer à Tito, pour 20 dollars par amarre environ, ou à un chauffeur de taxi, qu’on peut appeler à ce numéro :  507 67 17 67 45 et qui loue 3 amarres pour 50 dollars. Les agents officiels préfèrent en général garder leurs amarres pour leurs clients. 

Nous les avons nous racheté 60 dollars à des amis qui les avaient achetées spécialement pour le transit. C’était moins cher que de les louer et elles nous serviront si nous allons comme prévu en Patagonie.

– Des défenses pour protéger le bateau lors du passage des écluses. Les agents officiels louent des pare-battages, Tito loue des pneus. Nous avons nous acheté 3 vieux pneus chez un « garagiste » à Portobelo. Pas de prix fixé, nous avons donné 1 dollar par pneu. Des amis nous ont donné 1 pneu supplémentaire. Il vaut mieux les emballer dans du plastique.

– 4 handliners, en plus du capitaine, qui s’occuperont des amarres dans les écluses. Nous avons rencontré à Portobelo 3 jeunes qui voyageaient à pieds et qui avaient une petite expérience de navigation, nous les embarquons ! Nous avions tous les deux passé le canal, une fois pour moi, deux fois pour François, avant de faire passer Ribouldingue. Et nos trois handliners l’avaient passé une fois avant aussi. Nous savions donc à quoi nous attendre.

– Les repas et boissons pour le « transit advisor » et tout l’équipage.

– Une corne de brume à gaz. 

– Une caisse à eau noire ou « holding tank ».

Le transit : 

Nous avions rendez-vous au flat le 5 mai à 14h, le transit advisor est arrivé à 16h.

Nous avons passé les premières écluses derrière un petit cargo, « central chamber » seul voilier dans l’ecluse, les 4 handliners au travail, et le barreur qui prépare le repas pendant les temps morts. Il faut que le transit advisor ait mangé à l’arrivée sur le lac Gatun puisqu’il part aussitôt après. S’il quitte le bateau sans avoir mangé, il peut faire payer au capitaine 200 dollars.

Nous avons passé une nuit très calme sur le lac Gatun, le transit advisor devait arriver à 7h le lendemain, il est arrivé à 8h. 

Nous avons passé les trois dernières écluses « sidewall », amarré à un bateau de passagers lui-même amarré au mur de l’ecluse. Aucune amarre à gérer, on a pu profiter du spectacle !

Nous sommes arrivés dans le Pacifique le 6 mai 2017 vers 15h.

Nous espérons que notre expérience pourra vous aider un peu. Bon transit à tous !

Photos et récit de notre traversée du canal à paraître bientôt dans notre carnet de voyage. 

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