Un p’tit tour à terre !

17 août 2018, deux ans et 13000 miles après notre départ de Brest, Ribouldingue se présente dans la darse de Papeete. Il est temps pour nous de prendre soin de notre fidèle destrier qui nous a brillament mené jusqu’ici, sans avarie majeure. Nous avons pris deux senaines de congé, la liste des travaux s’est allongée petit à petit depuis notre dernière sortie d’eau il y a 18 mois en Guadeloupe. Au programme : démonter le safran, le découper pour séparer le tube de jaumiere, le ré-aléser, faire fabriquer une bague qui s’insère parfaitement dedans pour supprimer le jeu présent, fabriquer et faire souder un renfort car une soudure de la compensation s’est fissurée. Faire tomber la derive (400 kilos!), vérifier l’axe et changer les cales pour supprimer le jeu. Sortir l’arbre d’hélice pour changer les bagues hydrolubes. Changer le capteur d’angle de barre du pilote automatique, changer l’axe du régulateur d’allure. Faire les finitions de la toute nouvelle barre que François a dessinée, puis découpée, pliée, soudée avec l’aide d’Augustin. Et bien sûr nettoyer, poncer et repeindre la coque.

Dès le début Augustin et Simone, nos copains de Huaiqui, Marc et Vainiu nos copains de Makatea, JC, Chloé, Sam, Laura, Arnaud, Caro, sont présents pour nous aider à décoller les bandes autocollantes de déco qui sont en fin de vie, poncer la coque, découper le safran, déposer la dérive, et nous ravitailler en bières et cookies maison… Les gars du chantier passent régulièrement voir si tout va bien et ont parfois un petit sourire en nous voyant à deux ou à trois seulement pour manoeuvrer cette grosse dérive. On ne comprend pas tous les échanges qui se font en tahitien, mais ce qui est sûr c’est que les gars nous trouvent bien optimistes ! Avec un palan et un peu de reflexion on y arrive tout de même ! Les premiers jours sont très productifs, et même si c’est dur physiquement, avec tous ces copains dans le coin le moral est bon.

Toute sortie d’eau a son lot de surprises et de casse-tête et nous n’echappons pas à cette règle. Une fois le safran découpé et la bague fabriquée il faut le resouder, mais la bague en derlin risque de fondre lors de la soudure, et le chantier a envoyé une partie de son matériel de soudure aux Tuamotu. Et puis le tube de jaumière risque de se déformer à cause de la chaleur de la soudure, alors que le but de la manoeuvre était d’avoir un tube parfaitement rond pour supprimer le jeu. Bon. On s’arrache quelques cheveux, on réfléchit, on demande conseil, on trouve des solutions puis d’autres, et c’est finalement une petite entreprise voisine du chantier qui nous fera le travail, en prenant le temps de bien leur expliquer ce qu’on veut, et en étant présent le temps de bien tout positionner. C’est François qui a dessiné, découpé et ajusté les plaques qui viendront renforcer la compensation du safran. On est content du résultat mais le verdict ne sera rendu que lorsque le safran sera en place. Une fois que c’est fait et que nous constatons que le safran est très, très (trop!) difficile à tourner, nous le démontons de nouveau et cherchons une solution. Soudure, perçage, essayage… Ça tourne ! Allez, une bonne chose de faite !

Au rayon dérive, après avoir appris que nous ne trouverions pas de caoutchouc à Tahiti pour refaire les cales, nous décidons de positionner dans le fond des emplacements, des cales en aluminium. On tâtonne, on fait des essais avec un palan pour ajuster la taille des cales et faire en sorte que la dérive soit parfaitement centrée, on fait tourner une nouvelle bague pour l’axe, puis on se demande comment on va la remettre dans son puits cette grosse dérive. Des planches, le cric de la C1, on y va on y croit, ouf ça passe. La dérive est parfaitement axée. Trop cool ! Euh… par contre elle reste coincée en haut, trop bien axée, Riboul n’aime pas la perfection alors ? Bon, on recommence tout à zéro ? Non non, patience et longueur de temps font plus que force ni que rage, comme disait ce bon vieux Jean. Alors à coups de grosses suées on fait monter et descendre la dérive jusqu’à identifier le moment où les cales sont trop en appui, et on fait jouer la derive dans son puits de haut en bas pour user les cales. On va croiser les doigts pour que tout fonctionne à la remise à l’eau.

Nous n’avions prévu que peu de temps pour enlever l’arbre d’hélice et changer les bagues hydrolubes, puisque nous l’avions fait plusieurs fois à Brest en posant Riboul juste le temps d’une marée. Mais, car il y a un mais, il n’en fût pas de même cette fois-ci. La vis pointeau, qui permet de bloquer l’arbre pour qu’il tourne simultanément avec le moteur, a cassé dans son emplacement et est impossible à déloger. Deux jours de travail plus tard, apres avoir tout essayé, c’est finalement en soudant un boulon sur la vis cassée que nous parviendrons à l’enlever, merci Augustin ! Le pas de vis est foutu, il faut retarauder, merci JC et sa super malette !

Tout le reste des travaux se passe sans encombre, et vient le jour tant attendu de la remise à l’eau. Le suspens reste entier : parviendrons-nous à descendre et remonter la dérive ou va-t-elle rester coincée dans son puits ? Les gars du chantier nous filent un sacré coup de main avec le Manitou pour faire les ultimes essais, puis Riboul se dirige tranquillement vers la darse. Il est descendu doucement dans l’eau, il flotte mais reste dans les sangles, les gars du chantier préfèrent qu’on teste la dérive avant de nous lâcher. Nous avons laissé le puits de derive ouvert, c’est comme s’il y avait un aquarium dans le bateau! Tout le monde reste autour de Riboul, suspendu aux lèvres du capitaine. « C’est bon, ça monte et ça descend ! » Tout le monde soupire, les visages se décrispent et les gars nous félicitent pour notre travail : « on en voit pas beaucoup des comme vous, revenez quand vous voulez, mais on espère ne pas vous revoir trop tôt quand meme… »

24 heures de boulot pour tout ranger et tout nettoyer, et nous filons vers Moorea, retrouver la douceur de la vie au mouillage et Huaiqui qui nous attendent là-bas. Le mara’amu souffle, il s’établit à 25/30 noeuds avec de bonnes rafales, les creux sont de trois mètres… Ça c’est de la nav’ test en bonne et due forme ! Et quand dans tout ce chahut une baleine et son petit viennent souffler à moins de cinquante mètres du bateau, on oublie la fatigue, on oublie le stress et les déconvenues du chantier, on sait que ça en valait la peine !

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Makatea nous revoilà!

Le 10 novembre à 06h30, nous levons l’ancre sous le soleil et quittons le lagon de Tahiti par la passe de Papeete, non loin de Hent-Eon qui se dirige vers Bora-Bora. Ribouldingue est plein comme un oeuf, nous amenons chez Marc et Vainiu que nous avions rencontré lors de notre premier passage, des matériaux de construction pour leur maison, une batterie pour leurs panneaux solaires, et du ma’a (nourriture) qu’ils ont du mal à se procurer sur l’île. Soleil et vent, Riboul trace sa route au près dans une légère brise. C’etait trop beau pour durer, le vent tombe dans l’après-midi et nous enchaînons ensuite les périodes sans vent et les gros grains orageux. Le 11 novembre, à l’approche de Makatea, nous ne parvenons pas à eviter un gros nuage d’orage malgré le radar. Nous arrêtons toute l’électronique et serrons les fesses… Ouf ça passe, et quand le grain se dissipe, nous apercevons Makatea ! Nous arrivons au mouillage fatigués et trempés, un bon cake aux raisins et une bonne nuit de sommeil nous remettent d’aplomb ! Le lendemain, le soleil revient timidement mais nous laisse assez de temps pour aller à terre voir nos amis, leur livrer leurs affaires et constater l’avancée de leurs travaux. Plongée sur le tombant, contemplation du magnifique paysage, balades à terre, les journées passent vite ! Vainiu et Marc nous emmènent à la chasse aux kaveus, ces gros crabes de cocotier à la chair délicieuse. Nous devons d’abord aller attacher des cocos bien mûres, un peu ouvertes pour les attirer, mais pas trop pour qu’ils mettent assez de temps à les manger et que nous puissions les attraper. Puis, lorsque la nuit est bien tombée, nous revenons avec des lampes torches, voir si les kaveu s’affairent près de nos cocos. Il ne reste plus que ( !!!) à les attraper et les attacher avec des feuilles de pandanus pour qu’ils ne puissent plus s’echapper. C’est toute une technique et François se débrouille bien ! Quelques jours plus tard, Vainiu et Marc nous proposent de partir camper sur la côte Sud de l’île. Nous voilà partis à l’aventure, hamac et moustiquaire dans le sac. Pas besoin de transporter beaucoup d’eau, nous cuirons le riz à l’eau de coco, et c’est un régal. Le campement se monte rapidement, nous faisons quatre feux que nous entretenons assidûment pour tenir les moustiques à distance. Nous partons ensuite à la pêche, à la ligne et à partir du récif pour les hommes, à pied sur le recif pour les femmes. Vainiu m’apprend à attraper les oursins et les pahua, et à les préparer. Lorsque la nuit est tombée, nous partons à la chasse au kaveu et aux langoustes. Puis nous rentrons dormir dans notre hamac. Voilà maintenant un an et demi que nous ne dormons que sur l’eau, bercés par les flots. C’est notre première nuit à terre depuis le début du voyage ! Au lever du jour, nous levons le camp et retournons vers le mouillage, retrouver Riboul’ qui nous attend sagement. Nous quittons nos amis, nous promettant une fois encore de nous revoir, puis nous mettons le cap sur Tahiti. La mer est agitée, le vent souffle bien et Ribouldingue file bon train. Au petit jour nous apercevons déjà Tahiti. Nous ne savons encore rien de ce qui nous attend pour la suite…

Polynésie, nous voici !

Le 16 juin, après 31 jours de mer, l’ancre de Ribouldingue se pose au fond de la Baie des Vierges, anciennenment Baie des Verges, à Fatu Hiva, une magnifique baie entourée de hautes falaises toutes en nuances de vert.

Il est temps pour Ribouldingue de se reposer un peu, nous sommes fiers de lui qui nous a mené si loin.

Déjà 10 jours que nous découvrons les Marquises, ses paysages, ses fruits et ses habitants accueillants et très gentils. Il y aurait tant à raconter ! Mais ici c’est le bout du Monde, le temps prend son temps et internet aussi. Pas de réseau public puissant pour charger des photos. La mise à jour du blog se fera donc au gré des possibilités.

Nous gardons tout en mémoire et continuons de prendre des photos !

A bientôt !

 

La Gomera, nous voilà !

Dimanche 23 octobre, nous quittons le mouillage de Tazacorte sous un ciel bien bas et la pluie. Vestes et salopettes de quart sont de sortie ! Le vent est faible et tourne souvent, mais en fin de journée le soleil fait son entrée en scène, amenant avec lui de lumineux arcs en ciel et de jolis dauphins jouant autour du bateau. En arrière plan la côte de la Gomera se dessine dans une superbe lumière. Nous mouillons dans le port de Vueltas, sur la côte Ouest de La Gomera, au pied de Valle Gran Rey, le paysage est splendide !


 Dans la nuit le vent se lève, jusqu’à 40 noeuds. Nous nous retrouvons tous les deux sur le pont, les autres bateaux du mouillage sont éclairés aussi, nous ne sommes pas les seuls à veiller au grain. Le capitaine en profite pour taper dans les stocks de chocolat, je me sens obligée de l’accompagner, toutes les excuses sont bonnes ! Ce vent fort n’était pas annoncé par la meteo, nous decidons donc de lever l’ancre au matin pour trouver une baie plus abritée au sud de l’ile. Dans la journée le baromètre continue de chuter, c’est au port de San Sebastian de la Gomera que nous finissons finalement la journée. Nous y retrouvons Opack et son équipage, et faisons connaissance des équipages d’Arwen, de Regulus, de Moea et de Milly. Nous passons des soirées animées et partons randonner ensemble dans le centre de l’ile, parmi la vegetation luxuriante, un régal !

Nous sommes à l’affût d’un créneau meteo favorable pour la traversée jusqu’au Cap Vert. Une fois le « coup de Sud » passé, les alizés de Nord Est font leur retour, en soufflant doucement mais sûrement. La traversée s’annonce tranquille ! Avant le départ, c’est l’agitation habituelle : courses, marché, il faut remplir la cambuse de produits frais ! Lessives, verification du gréement, plein de gasoil et d’eau.. Puis nous passons deux nuits au mouillage au Sud de l’ile, à Playa del Medio, très joli ! Carenage en plongée, merci la peinture au zinc. Ca y est, nous sommes parés !
Dimanche 30 octobre, c’est parti pour 750 milles nautiques. Nos copains d’Arwen, Opack et Regulus ont choisi le même créneau, c’est chouette de naviguer en escadre, les discussions à la vhf vont bon train! Le challenge est lancé : les premiers arrivés préparent l’apero! Affaire à suivre…

Sous le charme de Madeira

Après une navigation au portant et sous le soleil, nous atterrissons à Baia d’Abra, la baie la plus à l’est de Madère, le 29 août. Nous sommes seuls au mouillage, et entourés de hautes falaises découpées et multicolores : jaune, ocre, rouge, gris… Au fond de la baie, une plage de galets, et sous les falaises, des grottes

Un sentier suit la côte et jusqu’à une heure avancée de la soirée nous voyons des marcheurs qui se suivent, équipés de lampes frontales, on dirait des fourmis.

L’eau est magnifique, nous voyons le fond malgré les neuf mètres de profondeur. Impossible de résister à l’appel, dès le lendemain le Capitaine chausse ses palmes, enfile combi, masque et tuba, attrape son fusil et s’en va explorer les fonds. Il revient quelques heures plus tard avec un gros poisson, deux kilos cinq. Nous n’en avons jamais vu de pareil, nous cherchons dans notre encyclopédie de pêche, ce qui se rapproche le plus est le denti.

Les filets, cuisinés aux épices de Guadeloupe (merci la famille Evanno), sont délicieux. On se régale.

Puis à mon tour j’enfile ma combi, mon masque, mes palmes et mon tuba, et je vais admirer les poissons. Multicolores, ils sont magnifiques. Il y a déjà des poissons tropicaux !

La pointe qui ferme la baie est la Punta de Sᾶo Lourenço : nous y grimpons et nous ne sommes pas déçus, la vue est belle !

Après une visite des villes de la côte : Caniçal et Machico, et l’achat d’un guide de randonnée, nous partons à Funchal puis Camacha où nous rejoignons la Levada dos Tornos. A Madère il ya deux types de sentiers de randonnée : le long des levadas, qui sont des canaux d’irrigation et les sentiers de montagne.

C’est notre première randonnée de levada, la végétation est luxuriante, il faut parfois passer sous des tunnels en se baissant, nous croisons des torrents : ouahou, que c’est beau !

Il y a plein de belles fleurs, mais aussi des fruits : maracujas à bananes grimpants, pommes, poires, figues, kiwis, avocats, citrons…

Le long de la levada, on voit des petites portes qui, si on les ouvre, irriguent le terrain en contrebas. Il fait chaud, c’est le royaume des lézards !

Après la balade, comme on est samedi, tous les bus ne passent pas, nous devons parcourir huit kilomètres de plus à pied pour rejoindre Machico et attraper le bus qui nous ramènera jusqu’à Riboul’.  On a un peu d’avance, et on l’a bien mérité : on s’offre une « petite » glace !

Nous profitons ensuite du mouillage pour faire prendre l’air au hamac : qu’on y est bien !!!

Nouvelle chasse : nouveau poisson, un paloma, qui finira… Sur le barbeuc’. Miam !

Plongée, baignade, lecture au programme pour deux jours, histoire de prendre des forces pour la prochaine randonnée, qui, c’est décidé, sera un sentier de montagne dans le centre de Madère.

Pour y aller nous prenons le bus jusqu’à Funchal puis Jardim da Serra. Les petites routes de montagne sont parcourues à vive allure par le bus, il faut avoir le cœur bien accroché, mais on découvre de superbes paysages. Le long des routes bananiers et vignes à foison.

Et puis c’est parti pour la marche à pieds ! Nous montons jusqu’à 1300 mètres, les paysages sont grandioses, ça vaut le coup d’en baver des ronds de chapeau ! Comme dirait quelqu’un que je connais bien…

Le retour  jusqu’à Funchal est épique, et lorsque nous trouvons finalement le bus qui doit nous y ramener, il serpente sur les routes de montagne, n’ayant pas d’autres choix que d’utiliser la totalité des deux voies dans les virages en épingle, sans aucune visibilité. Y’a pas à dire, à Madère les trajets en bus sont une attraction en soi !

Puis ballade dans la vieille ville de Funchal avant de rentrer au mouillage.

Au retour sur la plage de galets, les vagues sont assez grosses, et nous nous retrouvons tous les deux avec de l’eau jusqu’à la taille pour tenir l’annexe face aux vagues avant de pouvoir y grimper. C’est sport ! Heureusement l’appareil photo, le porte-monnaie et les portables sont bien à l’abri dans le sac étanche : merci Armelle et Michel !

Cela fait maintenant un moment que nous sommes dans ce mouillage isolé, nous allons devoir trouver une solution pour remplir les cuves d’eau douce, faire une lessive et des courses… Nous choisissons d’aller à la marina Quinta do Lorde, proche de notre mouillage.  Cette marina est étrange.

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C’est en fait un village construit de toutes pièces très récemment, et qui n’est composé que de la marina, d’un grand hôtel luxueux et d’un village de vacances. On n’y croise que des touristes et les seuls Maderiens ici sont les membres du personnel, qui s’adressent directement à nous en anglais ou en français. Alors que ces derniers jours nous avons parlé un anglais très approximatif, voire par signes avec des Maderiens qui ne parlaient pas anglais… Cela donne une ambiance surprenante, bien que le personnel soit charmant. Une nuit, c’est bien suffisant.

Nous retrouvons avec plaisir notre mouillage à Baia d’Abra, ainsi que nos copains d’Hent Eon, qui arrivent de Porto Santo.

Ah là là, Madère, qu’on y est bien ! C’est une île magnifique, les paysages sont beaux, très différents, les gens charmants et souriants.

Prochaine étape : Les Canaries !

Porto Santo : magnifico !

Porto Santo est l’île la plus au Nord de l’archipel de Madère ( Porto Santo, Madère, Ilhas Desertas, Ilhas Selvagens). Elle a été découverte en 1418, un an avant sa grande sœur, Madère. Christophe Colomb y a vécu, et c’est ici que nous avons atterri, dans la nuit du 24 au 25 août,  après quatre jours de traversée depuis Sines, au Portugal.

Nous mouillons devant la plage de sable fin. Même de nuit, l’eau nous paraît très claire, et cette impression est confirmée le lendemain matin au réveil : eau turquoise et cristalline. La plage, qui fait sept kilomètres de long,  est surmontée par de grandes collines, qu’on s’autorise même à appeler montagnes.

Après une petite journée de repos et de balade dans la ville principale : Vila Baleira, qui s’est parée de fleurs et de couleurs pour la fête, nous avons hâte de chausser nos chaussures de randonnée pour partir à l’assaut des hauteurs de Porto Santo.

Nous nous attaquons d’abord à Pico do Castelo, qui culmine à 432 mètres. C’est peu, pensez-vous sûrement. Certes, ce n’est pas le Mont Blanc, mais quand on part du niveau de la mer, et qu’on vient de passer quatre jours avec une dépense énergétique quelque peu faible, ça semble haut ! Palmiers, cactus en tous genres, pas de doute nous sommes loin de la Bretagne.

 

Voir Porto Santo d’en haut confirme ce que dit notre guide : Porto Santo est aride et la végétation rare. La faute, semble-t-il, aux lapins introduits par les premiers colons et qui détruisirent l’essentiel de la végétation protégeant le sol. Des tentatives de reboisement sont en cours, dans les endroits les plus protégés du vent. Il pleut très peu à Porto Santo, l’île est donc alimentée en eau douce par une usine de désalinisation.

Le samedi nous profitons de l’eau turquoise et de la fête à Vila Baleira. L’ambiance est joviale, tout le monde a le sourire, et la fanfare, excellente, n’y est pas pour rien. Musique, maestro !

Bien échauffés par la première rando, nous partons le dimanche pour le deuxième sentier de randonnée de l’île, afin de découvrir la partie Nord. Nous grimpons sur le Pico Branco et Terra Cha. La vue y est imprenable, on en prend plein les yeux !

Au retour nous nous arrêtons en ville faire quelques achats à un petit producteur de l’île : raisin, vin, œufs et fruits de la passion de son jardin. Mais comment tout cela peut-il pousser sur cette terre aride ?

Les fruits de la passion sont vite transformés en apéro, les œufs en crêpes et le raisin est délicieux.

Le lundi, après les formalités de départ, en route pour Madère, que nous espérons aimer autant que Porto Santo !

Lisbonne : deuxième round, puis cabotage vers le Sud

Le 14 août, la météo n’étant pas idéale pour la traversée jusqu’à Madère, et Sarah et Matthieu étant bientôt à Lisbonne, nous décidons d’aller les attendre à Seixal, petite ville de pêcheurs située dans le Rio Judeu, en face de Lisbonne.

Nous sommes ravis de naviguer dans le Tage, d’admirer Lisbonne depuis ses rives et de passer sous le Ponte de 25 Abril.

Seixal est en pleine rénovation, toutes les rues sont détruites et en attente d’être reconstruites. Et c’est tout de même charmant.

Le mouillage y est gratuit et un ferry relie Lisbonne plusieurs fois par jour, pour une somme modique. Nous en profitons pour aller découvrir Belem, le quartier le plus à l’Ouest de Lisbonne, ses fameux (dans tous les sens du terme) Pasteis, son jardin botanique tropical, son musée de la marine, son musée de l’archéologie, celui de l’électricité…

 

Dans la soirée, nous retrouvons Sarah et Matthieu, et allons passer la soirée sur Ribouldingue à Seixal. Ils nous ont, avant notre départ, confectionné un répertoire de chansons à accompagner à la guitare, mais nous avons besoin de quelques explications. Cours particulier et chansons jusqu’à une heure avancée de la nuit, on se régale !

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Le 18 août, nous continuons de descendre vers le Sud, et nous passons une soirée à Portinho de Arrabida, réputé pour être un des mouillages les plus spectaculaires du Portugal. Cette réputation est amplement méritée, nous ne sommes pas déçus du voyage ! Les photos ne rendent pas bien compte de la hauteur impressionnante des falaises. On se sent touts petits. Le vent accélère en dévalant ces falaises et l’anémomètre affiche 35 nœuds. Nous sommes bien contents d’avoir suivi les conseils de Folligou pour le choix de l’ancre, une Rocna.  Un sacré cadeau d’anniversaire, merci Tonton, Tata et Cousins Méhu !

Le 19 août, jour à marquer d’un hameçon blanc, la déesse de la pêche a enfin entendu nos prières, aidée par Elen. Deux bars (un trop petit rejeté à l’eau) et une vive ( !!!) pêchés à la canne le matin (un grand merci Bernard !). En navigation : 14 maquereaux ! Les plus petits sont rejetés et ne se font pas prier pour reprendre leur liberté. Le cockpit de Ribouldingue ressemble à un étal de poissonnerie.

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Nous faisons escale à Sines (prononcer Sin’che), magnifique ville aux habitants charmants, et lieu de naissance de Vasco de Gama. La plage où nous mouillons porte d’ailleurs son nom, et sa statue nous surveille.

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A peine arrivés, deux ateliers se mettent en place : Fanch s’active pour confectionner quatre bocaux de rillettes et je me lance dans la réalisation de nos premières conserves.

Nous trouvons de beaux légumes et fruits frais au marché pour remplir les cales. Les conditions s’annoncent top, nous larguons les amarres en fin d’après-midi pour traverser jusqu’à Madère. Le vent est fort, jusqu’à 35 nœuds, la mer agitée, et nous faisons route près du vent. Nous bravons les éléments pendant une heure puis décidons de faire demi-tour.

Après une bonne nuit de sommeil, c’est reparti ! Cette fois les conditions sont bonnes, le vent plus faible, portant, et la mer s’est calmée. En route vers Porto Santo, l’île la plus au Nord de l’archipel de Madère : 470 miles à parcourir.