Apataki : au soleil du motu Ruha Vahine

8 septembre, le soleil se lève dans la passe Sud Ouest d’Apataki. Trinquette roulée, moteur démarré, Capitaine à poste dans les barres de flèches, un alignement nous aide à garder le bon cap. Ca y est nous y sommes, encore un nouvel atoll à décourvir. Francois espère y rencontrer Jean Tapu, ancien champion du Monde et toujours détenteur d’un record de chasse en apnée. Malheureusement il vit maintenant à Tahiti et nous n’aurons pas l’honneur de pouvoir lui parler. Nous avançons au moteur en évitant les bouées qui signalent les fermes perlières, puis mouillons notre ancre au Sud de l’atoll, protégés par le motu Ruha Vahine.


Apres le réglementaire « tour du proprietaire », durant lequel nous croisons jolis poissons et coraux de toutes les couleurs, requins pointe noire et requin gris, nous grimpons dans l’annexe faire connaissance avec Moe et Erani qui vivent sur le motu. Nous avons le même âge, le courant passe, et ils nous invitent à venir voir Tara Hae, déesse de la Mer et du Voyage, qui est materialisée sur le motu par une sorte de sculpture en corail. Erani nous explique que si nous ne l’avions pas vue, nous ne serions pas vraiment arrivés à Apataki. Elle nous protegera pour la suite de notre voyage. 
Hent-Eon est mouillé non loin de Riboul et le dimanche midi, nous sommes tous invités à manger sur le motu. Poisson cru, poisson fumé à la bourre de coco… Un régal ! Cette pause est salvatrice, voilà trois jours que nous travaillons sans relâche, notre fidèle équipier, Jules, fait la grève. Patience et longueur de temps, huile de coude et de friture, il accepte enfin de se remettre au travail, youpi ! 

Hent Eon lève l’ancre, nous terminons notre bricolage. Puis nous passons une chouette journée sur le motu avec Moe et Erani. Nous les initions au ti-punch, et eux nous montrent comment ouvrir les noix de coco à la hâche. Nous faisons rapidement des parallèles entre leur vie sur un motu et notre vie sur un voilier. Seuls et livrés à nous-mêmes, nous devons être le plus autonome possible et gérer nos ressources au mieux. L’électricité dont ils ont besoin leur est fournie par de grands panneaux solaires. Pas d’eau douce sur le motu, ils récupèrent l’eau de pluie dans de grandes citernes, et l’utilisent pour laver le linge, faire la vaisselle ou la font bouillir pour la boire. Exit les douches prolongées, l’eau est une denrée rare qu’il faut preserver. Ils se nourrissent principalement de poisson, pêché à la canne ou en apnée.

Leur motu est magnifique, les arbres bien taillés, les feuilles ramassées tous les jours au lever du soleil. Différents arbres fruitiers et plantes tentent de s’épanouir dans ce sol arride et salé. 


Moe et Erani nous montrent, à l’endroit où est mouillé leur bateau à moteur, les fondations de la maison de leurs grands-parents, maison qui n’existe plus aujourd’hui. Il y a encore quelques années, leur motu s’etendait beaucoup plus loin dans le lagon. Mais le niveau de la mer monte, le motu perd du terrain. La maison de leurs parents a donc été construite plus en arrière et aura peut-être elle aussi bientôt les pieds dans l’eau. La maison de Moe et Erani sera construite plus proche encore du centre du motu. L’atmosphere se réchauffe, à des milliers de kilomètres les glaciers fondent, et c’est ici que l’on s’en rend compte. Ici aux Tuamotus, si loin pourtant des grosses industries et de la surconsommation…
Après avoir partagé leur vie sur le motu, nous leur proposons de venir découvrir la vie sur l’eau. Ils acceptent, avec un peu d’appréhension mais de grands sourires. Petit déjeuner à bord, les crêpes bretonnes remportent un franc succès ! Visite de notre modeste interieur puis Moe aide Francois à lever l’ancre, et nous voila partis pour une balade à la voile sur le lagon. C’est une première pour Moe et Erani, et nous sommes heureux de pouvoir partager avec eux notre vie de voyageurs. Echanges de recettes, adresses mail et numéros de téléphone, Moe et Erani nous offrent du poisson, une cigale des mers et de l’eau douce, puis nous continuons notre route vers le Nord du lagon, avec un pincement au coeur. Que de rencontres formidables ! 


Rapide escale technique au carénage pour déposer nos poubelles, acheter des oeufs, des potas (sorte de blettes) qui poussent sur le motu, de l’eau, et profiter d’une connexion internet pour donner des nouvelles, et nous voilà repartis encore un peu plus au Nord. Nous retrouvons Hent Eon pour quelques jours, puis nos routes se séparent, ils partent pour Ahe, mettre leurs pas dans ceux de Bernard Moitessier et nous vers Makatea, qui sera notre derniere escale aux Tuamotus. Nous sortons du lagon par la passe Nord-Ouest dans un décor d’une beauté surprenante. Cap au Sud Ouest !

Ps : Merci à Emeline de Hent Eon pour les deux photos prises du haut du mât de Ribouldingue 🙂

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