Avant le voyage, le sablage… Et une bonne dose de courage !

C’était prévu, avant le départ en voyage, la coque nécessitait un sablage… Kézako ? Utiliser du sable sous pression pour remettre l’aluminium de la coque à nu. Une fois toute trace d’antifouling enlevé, nous avons choisi de recouvrir la coque de silicate de zinc, cela ayant plusieurs avantages à nos yeux : peu de pollution : le zinc ne se disperse pas dans l’eau, nous pourrons donc frotter la coque à la brosse pour éliminer les algues, sans risquer de polluer l’eau de mer. Protection de la coque : le zinc est une anode par rapport à l’aluminium, c’est à dire qu’il le protège de l’élecrolyse, en réagissant plus vite que lui à l’electrolyse dans l’eau de mer. Bon, la mauvaise nouvelle dans tout ça c’est que le zinc n’est pas un bon antifouling, donc il faudra souvent plonger pour brosser la coque. Mais on a rien sans rien !

On avait réservé nos vacances pour ce chantier : le vendredi 24 juillet, sortie de l’eau au Port du Chateau, puis calage sur berres (merci l’équipe de la manut’ qui nous a fait ça au poil !), karcher avec rotabuse pour enlever le plus gros et voir clair ( merci Gilles et Monique et Laurent et Morgane pour les karchers !)

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Dans l’après-midi, direction Kiloutou pour aller chercher le matos : la sableuse, le compresseur, et…. une tonne de sable ! Merci à Julien et Valérie qui nous ont prêté leur voiture, et à mon boulot qui nous a prêté le camion ! Quand tout le matériel a été chargé et les explications par les pros données, nous sommes revenus sur le chantier avec pour objectif l’installation de la tente. Lors du sablage le sable étant projeté avec beaucoup de pression (plusieurs bars) il faut bien entendu protéger la zone pour ne pas abîmer les bateaux ou les voitures environnants, et que le sable soit contenu pour ne pas aller dans le système de récupération des eaux du terre-plein équipé d’un filtre.

Nous avons fini assez tard, il a fallu vite allez se coucher, pour être en forme pour le lendemain… Depuis le temps qu’on se documente, qu’on lit des forums, pose des questions, qu’on en parle… Il faut se lancer, c’est le grand jour !

Sur le pont à 6h45, vérification et consolidation de la tente. Puis c’est parti, on démarre le compresseur (sacré bruit, les restos avoisinants ont du nous maudire !), on attend qu’il soit chaud, on branche la sableuse, on hésite un peu, le sableur du jour s’équipe, on dirait un cosmonaute sous son scaphandre ! Ne pas oublier les gants en cuir et les bouchons d’oreille ! A partir de maintenant, chacun dans son monde, il est quasi impossible de communiquer, François est sourd (bruit + bouchons d’oreille) et les bâches nous empêchent de nous voir. Sous la bâche, le travail est très difficile, fatiguant et désagréable, la poussière produite bouche la vue et irrite le nez et la gorge. De l’autre côté, il faut porter les sacs de sable de 33kg et remplir la sableuse. Ce n’est pas une mince affaire mais les coups de mains se multiplient : Bruno installe une table pour faciliter le remplissage de la sableuse, Erwann et Frédérique donnent la main pour porter les sacs et nettoyer au fur et à mesure le sable qui tombe à côté de la sableuse. On avait compté deux heures pour le sablage d’une demi-coque, finalement il a fallu un peu plus de quatre heures.

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Pas le temps de se reposer, il faut enchaîner, l’alu est exigent, il ne faut pas le laisser s’oxyder et donc le recouvrir le plus vite possible. C’est parti pour un époussetage minutieux de la coque, préparation du mélange et peinture !

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Ouf, ça y est c’est fait on est crevés, il est 17h30… Allez, courage, il ne reste « plus que » la moitié du boulot, l’autre demi-coque.

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C’est reparti pour un tour, sablage terminé à 20h, il faut vite peindre avant qu’il ne fasse trop humide (cela accélère l’oxydation de l’aluminium). Elen alias Miss Touillette arrive nous prêter main forte, les bras chargés de melon et de pâtes au chorizo. Nous sommes pressés, avons la tête dans le guidon et ne prenons même pas le temps de manger ce délicieux repas… Nous sommes des gougeats !!!

Vous l’aurez compris, Elen se charge de remuer la préparation pendant que nous peignons la coque tous les deux. Pour l’occasion, le chauffage et le déshumidificateur sont installés sous la tente, pour garantir une température et un taux d’humidité optimales.

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22h, fin du 2ème round ! Ca y est c’est fini, on peut se reposer ? Ah non, demain pluie et vent au programme, il faut ramasser tout le sable utilisé pour qu’il n’aille pas obturer le système de filtration.

Bastien passe nous déposer sa remorque pour stocker le sable à l’abri du vent et de la pluie. Et c’est parti : pelles et balais font leur entrée en scène ! Mic et Elen nous filent un sacré coup de main, nous ne sommes pas trop de quatre !

Quelques heures de boulot, à la lumière des phares de voiture, la nuit est tombée depuis longtemps.

Puis il faut consolider la tente, pour qu’elle résiste au vent et protège au maximum la couche de zinc posée de la pluie annoncée la nuit.

A 2 heures du matin, enfin, nous voyons le bout du tunnel, c’est la fin de cette journée marathon !

Une douche, et hop au lit !

Les jours suivants seront bien remplis : il faut poser trois couches minimum de zinc, l’idéal étant une couche par 24h. Si le processus est interrompu plus de 24h, il faut lessiver la coque puis attendre 24h de séchage. Après la pluie torrentielle qui a suivi la première couche, il a fallu brosser !

Suite du programme : démontage de l’hélice, de l’arbre d’hélice, changement du joint tournant (qui réalise l’étanchéité de l’arbre d’hélice), nettoyage, graissage de l’hélice et changement du pas. Il faut aussi changer la vanne d’admission d’eau de mer du circuit de refroidissement du moteur.

Et bien sûr : peinture puis installation de la poulie et des courroies qui seront utilisées par l’alternateur d’arbre d’hélice.

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Avec en bonus : décollage de tous les autocollants de la coque pour en mettre des nouveaux. Des heures de boulot, à progresser centimètre par centimètre. Patience quand tu nous tiens !

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10 jours après la sortie d’eau, ouf ! Remise à l’eau !

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Après une première navigation dans la rade pour tester nos modifications, aïe aïe aïe, la poulie n’est pas bien fixée à l’arbre d’hélice, il faut la ré-installer au plus vite… Et donc ressortir le bateau. Flûte alors !

Direction le lendemain au moulin blanc, où nous pouvons poser Riboul’ sur la cale, c’est un peu sport avec une peinture neuve, mais c’est gratuit. Alors on se retrousse les manches, ou plus exactement le capitaine emprunte la combi de son mousse préféré et se mouille pour aller installer des poutres sous le bateau.

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Après un peu de stress au moment où le bateau se pose, l’arbre d’hélice est démonté, la poulie ré-installée… A 22h on flotte… Ca sent bon les vacances !!!!! Ciao Brest, on part deux semaines se reposer et profiter et… NAVIGUER !!!

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Un grand merci à tous ceux qui nous ont aidé : Mic, Bruno, Patrick : les gars de la manut’, pour leur soutien, leur aide matérielle sans faille (merci pour le Goupil, le compresseur, le tuyau d’eau et tutti quanti !)

Elen, alias Miss Touillette.

Gilles et Monique, respectivement le spécialiste arbre d’hélice et la spécialiste décollage autocollant.

Erwann et Frédérique, les marchands de sable de Masema.

L’équipe de Kiloutou, pour leur aide précieuse, leur disponibilité, leur gentillesse et leurs conseils.

Mic, son collègue et Lumiplastique, pour la réalisation et surtout la pose des autocollants.

Mic et Emeline, pour la soirée pizza réconfortante.

Aude, Hervé et Lisa pour leur hâvre de paix, qui nous a regonflé à bloc dans la dernière ligne droite.

Julien et Valérie, pour la bâche, l’escabeau et la voiture.

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5 commentaires sur “Avant le voyage, le sablage… Et une bonne dose de courage !

  1. Quel chantier ! Impressionnant ! On ne reconnaît plus François 27 ans qui aime bien les grasses mat’ 😉 Heureusement qu’il y avait deux semaines de vacances après 😀

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  2. Super article, avec les photos c’est très parlant et on imagine la transpiration, la fatigue …..et le plaisir …quand c’est fini!
    La poulie, l’hélice on comprend tout bravo!
    Après le sablage, le sable fin des plages doit avoir un autre goût 🙂
    Bon vent

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