Exquises Marquises

Tout vient à point à qui sait attendre…

Alors que les Marquises sont une de nos plus belles escales, alors qu’elles nous ont marqués et même changés à jamais, nous n’avons pas publié d’articles ni de photos. Il est temps de rattraper cette bavure et de vous montrer une sélection des plus belles images de nos semaines là-bas.

Malheureusement ces images, bien que très belles (merci Elen et Lan !) ne peuvent retranscrire l’émotion ressentie devant ces paysages grandioses, et nos sourires ne peuvent exprimer la joie intense d’avoir pu partager cette escale avec Elen et Lan. Merci à vous deux d’être venus nous voir au bout du Monde, et de vous être prêtés au jeu de la vie sur Riboul, malgré les contraintes qu’elle représente.

Bon visionnage !

Publicités

Bonne année 2019

Riboul’ et son équipage vous souhaitent une merveilleuse année 2019, en bonne santé, entouré des personnes que vous aimez.

Et nous vous souhaitons particulièrement l’aboutissement de vos projets, la réalisation de vos rêves, même les plus fous.

Pour nous 2019 signera la reprise du voyage, nous avons des fourmis dans la coque, il est temps de reprendre la route !

Vous en saurez un peu plus prochainement sur notre itinéraire.

P1110741

A bientôt !

 

Un p’tit tour à terre !

17 août 2018, deux ans et 13000 miles après notre départ de Brest, Ribouldingue se présente dans la darse de Papeete. Il est temps pour nous de prendre soin de notre fidèle destrier qui nous a brillament mené jusqu’ici, sans avarie majeure. Nous avons pris deux senaines de congé, la liste des travaux s’est allongée petit à petit depuis notre dernière sortie d’eau il y a 18 mois en Guadeloupe. Au programme : démonter le safran, le découper pour séparer le tube de jaumiere, le ré-aléser, faire fabriquer une bague qui s’insère parfaitement dedans pour supprimer le jeu présent, fabriquer et faire souder un renfort car une soudure de la compensation s’est fissurée. Faire tomber la derive (400 kilos!), vérifier l’axe et changer les cales pour supprimer le jeu. Sortir l’arbre d’hélice pour changer les bagues hydrolubes. Changer le capteur d’angle de barre du pilote automatique, changer l’axe du régulateur d’allure. Faire les finitions de la toute nouvelle barre que François a dessinée, puis découpée, pliée, soudée avec l’aide d’Augustin. Et bien sûr nettoyer, poncer et repeindre la coque.

Dès le début Augustin et Simone, nos copains de Huaiqui, Marc et Vainiu nos copains de Makatea, JC, Chloé, Sam, Laura, Arnaud, Caro, sont présents pour nous aider à décoller les bandes autocollantes de déco qui sont en fin de vie, poncer la coque, découper le safran, déposer la dérive, et nous ravitailler en bières et cookies maison… Les gars du chantier passent régulièrement voir si tout va bien et ont parfois un petit sourire en nous voyant à deux ou à trois seulement pour manoeuvrer cette grosse dérive. On ne comprend pas tous les échanges qui se font en tahitien, mais ce qui est sûr c’est que les gars nous trouvent bien optimistes ! Avec un palan et un peu de reflexion on y arrive tout de même ! Les premiers jours sont très productifs, et même si c’est dur physiquement, avec tous ces copains dans le coin le moral est bon.

Toute sortie d’eau a son lot de surprises et de casse-tête et nous n’echappons pas à cette règle. Une fois le safran découpé et la bague fabriquée il faut le resouder, mais la bague en derlin risque de fondre lors de la soudure, et le chantier a envoyé une partie de son matériel de soudure aux Tuamotu. Et puis le tube de jaumière risque de se déformer à cause de la chaleur de la soudure, alors que le but de la manoeuvre était d’avoir un tube parfaitement rond pour supprimer le jeu. Bon. On s’arrache quelques cheveux, on réfléchit, on demande conseil, on trouve des solutions puis d’autres, et c’est finalement une petite entreprise voisine du chantier qui nous fera le travail, en prenant le temps de bien leur expliquer ce qu’on veut, et en étant présent le temps de bien tout positionner. C’est François qui a dessiné, découpé et ajusté les plaques qui viendront renforcer la compensation du safran. On est content du résultat mais le verdict ne sera rendu que lorsque le safran sera en place. Une fois que c’est fait et que nous constatons que le safran est très, très (trop!) difficile à tourner, nous le démontons de nouveau et cherchons une solution. Soudure, perçage, essayage… Ça tourne ! Allez, une bonne chose de faite !

Au rayon dérive, après avoir appris que nous ne trouverions pas de caoutchouc à Tahiti pour refaire les cales, nous décidons de positionner dans le fond des emplacements, des cales en aluminium. On tâtonne, on fait des essais avec un palan pour ajuster la taille des cales et faire en sorte que la dérive soit parfaitement centrée, on fait tourner une nouvelle bague pour l’axe, puis on se demande comment on va la remettre dans son puits cette grosse dérive. Des planches, le cric de la C1, on y va on y croit, ouf ça passe. La dérive est parfaitement axée. Trop cool ! Euh… par contre elle reste coincée en haut, trop bien axée, Riboul n’aime pas la perfection alors ? Bon, on recommence tout à zéro ? Non non, patience et longueur de temps font plus que force ni que rage, comme disait ce bon vieux Jean. Alors à coups de grosses suées on fait monter et descendre la dérive jusqu’à identifier le moment où les cales sont trop en appui, et on fait jouer la derive dans son puits de haut en bas pour user les cales. On va croiser les doigts pour que tout fonctionne à la remise à l’eau.

Nous n’avions prévu que peu de temps pour enlever l’arbre d’hélice et changer les bagues hydrolubes, puisque nous l’avions fait plusieurs fois à Brest en posant Riboul juste le temps d’une marée. Mais, car il y a un mais, il n’en fût pas de même cette fois-ci. La vis pointeau, qui permet de bloquer l’arbre pour qu’il tourne simultanément avec le moteur, a cassé dans son emplacement et est impossible à déloger. Deux jours de travail plus tard, apres avoir tout essayé, c’est finalement en soudant un boulon sur la vis cassée que nous parviendrons à l’enlever, merci Augustin ! Le pas de vis est foutu, il faut retarauder, merci JC et sa super malette !

Tout le reste des travaux se passe sans encombre, et vient le jour tant attendu de la remise à l’eau. Le suspens reste entier : parviendrons-nous à descendre et remonter la dérive ou va-t-elle rester coincée dans son puits ? Les gars du chantier nous filent un sacré coup de main avec le Manitou pour faire les ultimes essais, puis Riboul se dirige tranquillement vers la darse. Il est descendu doucement dans l’eau, il flotte mais reste dans les sangles, les gars du chantier préfèrent qu’on teste la dérive avant de nous lâcher. Nous avons laissé le puits de derive ouvert, c’est comme s’il y avait un aquarium dans le bateau! Tout le monde reste autour de Riboul, suspendu aux lèvres du capitaine. « C’est bon, ça monte et ça descend ! » Tout le monde soupire, les visages se décrispent et les gars nous félicitent pour notre travail : « on en voit pas beaucoup des comme vous, revenez quand vous voulez, mais on espère ne pas vous revoir trop tôt quand meme… »

24 heures de boulot pour tout ranger et tout nettoyer, et nous filons vers Moorea, retrouver la douceur de la vie au mouillage et Huaiqui qui nous attendent là-bas. Le mara’amu souffle, il s’établit à 25/30 noeuds avec de bonnes rafales, les creux sont de trois mètres… Ça c’est de la nav’ test en bonne et due forme ! Et quand dans tout ce chahut une baleine et son petit viennent souffler à moins de cinquante mètres du bateau, on oublie la fatigue, on oublie le stress et les déconvenues du chantier, on sait que ça en valait la peine !

Tahiti !

Après avoir tergiversé, chifoumisé, tourné et viré, c’est décidé, nous restons à Tahiti ! Alors on ne perd pas de temps, on se lance rapidement dans toutes les formalités administratives, on garde notre calme, on fait des kilomètres à pieds dans Papeete et j’arrive le 24 novembre à un entretien d’embauche prête à travailler. Ça tombe bien, il y a du travail pour moi, et c’est une association qui gère trois centres pour enfants et jeunes adultes handicapés. Début le 4 décembre, à quelques kilometres seulement de là où Riboul trempe sagement sa coque en attendant un nouveau départ. Je peux y aller à pieds et c’est tant mieux car nous mettrons plusieurs semaines avant de trouver un carosse. Heureusement Axelle et Vianney, Sophie et Thomas nous dépannent en nous prêtant les leurs, merci les copains ! François s’arme de courage et de dizaines de CV, et nous voilà partis faire le tour de l’île à la recherche de remplacements. Tahiti est une île magnifique, quel plaisir de s’éloigner de la civilisation et de découvrir des lieux sauvages, des falaises et de belles plages de sable noir. Rien de sûr pour le moment, mais quelques pistes quand même, il nous reste à nous occuper de la papeetisation de Riboul. Grâce à Renaud, propriétaire d’Archimède, un Archimède 36, grand frère de Riboul rencontré à Moorea, nous réussissons à papeetiser sans avoir recours à un expert. En fournissant l’acte de vente d’Archimède, acheté à Tahiti un an auparavant, et en rédigeant un argumentaire pour le transitaire, notre demande de papeetisation est acceptée par les douanes. Nous nous en sortons pour la « modique » somme de 2900 euros, ouf, ça aurait pu être pire ! J’ai peur d’être un peu rouillée, mais finalement la reprise se passe très bien pour moi, très bien accueillie par mes nouveaux collègues de travail. Le cadre est idéal, dans le jardin manguiers, bananiers, ramboutans, cocotiers, uru, poules, coqs, chat, qui s’incruste d’ailleurs parfois pendant les séances de kiné. Et si je m’approche de la clôture, je vois le lagon et Moorea. Francois patiente en bichonnant Riboul, et Noël s’approche à grands pas, nous le fêterons avec Axelle, Vianney et Camille, l’équipage de Libertad que nous avions rencontré au Cap Vert. Le repas est gargantuesque, il pleut des cordes, nous passons une super soirée, mais à peine le temps de récupérer, François fait son retour au travail le 25 décembre ! Axelle et Vianney nous présentent leurs copains, on en rencontre d’autres lors d’un week-end à Moorea, et entre le travail, les randos, les soirées, nos semaines se remplissent vite! La nouvelle année est bien fêtée, à minuit nous buvons une flûte de champagne dans un jacuzzi, c’est sûr notre vie a bien changé ! François, qui avait tiré ses premiers bords de kite en Bretagne, achète une planche et une aile de kite, et apprécie l’eau du lagon à 28 degrés ! Pour moi c’est reprise de la natation en club, les premiers entraînements sont difficiles ! Les semaines s’écoulent tranquillement, et nous redecouvrons la vie sédentaire, avec ses bons et ses moins bons côtés, et grâce aux copains nous passons notre première nuit dans un lit depuis deux ans, un grand lit qui ne bouge pas, nous sommes tous perdus. Ajoutez un canapé, une télé, une machine à laver, de l’eau chaude sous pression qui coule du robinet sans pédaler… nous sommes déboussolés ! Petit à petit, l’agenda de Francois se remplit, il découvre les séances à domicile dans les vallées. Pour lui aussi le cadre de travail change radicalement, nous ne risquons pas d’oublier que nous sommes loin de la Bretagne. Puisque nous en sommes aux découvertes, nous subissons nos premières dépressions tropicales et notre première saison des pluies tahitienne… Des vents de 50 noeuds et des milliers de litres d’eau qui tombent du ciel une dizaine de jours durant… ça surprend ! Mais on s’adapte, on ne part plus au travail sans une tenue sèche dans le sac étanche, on change de place à Riboul pour lui trouver un petit coin plus abrité. Puis le soleil revient, et quel bonheur de vivre à nouveau dehors ! Notre vie sera plus monotone désormais, nos articles seront moins réguliers, mais nous viendrons de temps en temps vous donner des nouvelles fraîches… A bientôt !

Un sacré dilemme…

Novembre 2017, Papeete, île de Tahiti, Polynésie Française. Nous vivons un tournant dans notre voyage. Cela fait un an et demi que nous avons cessé notre activité professionnelle et que nous vivons et entretenons Ribouldingue sans aucun revenu. La caisse de bord n’est pas vide, mais elle a bien sûr diminué, petit à petit et de gros frais s’annoncent. Il va falloir décider de ce que nous voulons pour la suite du voyage, la suite de l’itinéraire. Nous sommes arrivés en Polynésie, premier grand objectif de notre périple. Nous voulons y rester, le temps d’en profiter, de s’émerveiller encore de ses lagons, ses montagnes, ses fruits, et bien sûr ses habitants si accueillants et si gentils.

Plusieurs possibilités s’offrent à nous : repartir aux Tuamotu puis aux Marquises pour y passer la saison cyclonique, de décembre à mars, et continuer ensuite notre route à l’Ouest, via les Tuamotu, les Iles Sous le Vent, les Iles Cook, Les Fidji, les Samoa, et enfin la Nouvelle-Calédonie où nous nous arrêterons pour travailler et renflouer la caisse de bord qui sera vide ou presque.

Deuxième option : s’arrêter maintenant à Tahiti, y trouver du travail, puis continuer notre route vers l’Ouest et ne rester en Nouvelle-Calédonie que le temps de la découvrir et de la visiter.

Il faut maintenant peser le pour et le contre de chaque option, pour prendre notre décision. Les avantages de la première option : nous retrouvons rapidement les Marquises que nous avons eu tant de mal à quitter, nous passons la saison des cyclones à l’abri, puisque les Marquises sont hors zone et ne sont pas concernées, nous continuons pour le moment à vagabonder au gré du vent et de nos envies. Inconvénients : s’arreter en Nouvelle-Calédonie pour y remplir la caisse de bord implique d’y passer au moins une saison cyclonique, et les statistiques de Météo France indiquent en moyenne 3,2 événement cyclonique par an sur les quarante dernières années dans cette zone, la plus active du Pacifique Sud. Ça reste des statistiques, mais ça ne fait pas rêver.

Les avantages de la deuxième option : vivre à Tahiti en y exercant notre metier, découvrir le rapport à la maladie et au handicap dans la culture polynésienne, tisser des liens plus durables, arrêter d’être de passage et toujours sur le départ. Inconvénients : laisser nos habits de vagabonds au placard pour un moment, ne naviguer que très peu les prochains mois, payer la papeetisation : taxe equivalente a 7% de la valeur du bateau et dont nous sommes redevables en devenant résidents en Polynésie.

Que choisir, que faire ? Nous vivons quelques jours et quelques nuits agités, en tournant ces deux options dans tous les sens, en trouvant sans cesse de nouvelles idées ou de nouveaux arguments qui nous poussent tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre. Cette décision est vraiment difficile à prendre, et ce qui nous retient le plus, au final, est de quitter cette vie de vagabonds des mers que nous aimons tant, cette liberté que nous avons touchée du doigt.

Alors, on reste à Tahiti ou on fait route vers les Marquises ? La suite au prochain numéro !

Makatea nous revoilà!

Le 10 novembre à 06h30, nous levons l’ancre sous le soleil et quittons le lagon de Tahiti par la passe de Papeete, non loin de Hent-Eon qui se dirige vers Bora-Bora. Ribouldingue est plein comme un oeuf, nous amenons chez Marc et Vainiu que nous avions rencontré lors de notre premier passage, des matériaux de construction pour leur maison, une batterie pour leurs panneaux solaires, et du ma’a (nourriture) qu’ils ont du mal à se procurer sur l’île. Soleil et vent, Riboul trace sa route au près dans une légère brise. C’etait trop beau pour durer, le vent tombe dans l’après-midi et nous enchaînons ensuite les périodes sans vent et les gros grains orageux. Le 11 novembre, à l’approche de Makatea, nous ne parvenons pas à eviter un gros nuage d’orage malgré le radar. Nous arrêtons toute l’électronique et serrons les fesses… Ouf ça passe, et quand le grain se dissipe, nous apercevons Makatea ! Nous arrivons au mouillage fatigués et trempés, un bon cake aux raisins et une bonne nuit de sommeil nous remettent d’aplomb ! Le lendemain, le soleil revient timidement mais nous laisse assez de temps pour aller à terre voir nos amis, leur livrer leurs affaires et constater l’avancée de leurs travaux. Plongée sur le tombant, contemplation du magnifique paysage, balades à terre, les journées passent vite ! Vainiu et Marc nous emmènent à la chasse aux kaveus, ces gros crabes de cocotier à la chair délicieuse. Nous devons d’abord aller attacher des cocos bien mûres, un peu ouvertes pour les attirer, mais pas trop pour qu’ils mettent assez de temps à les manger et que nous puissions les attraper. Puis, lorsque la nuit est bien tombée, nous revenons avec des lampes torches, voir si les kaveu s’affairent près de nos cocos. Il ne reste plus que ( !!!) à les attraper et les attacher avec des feuilles de pandanus pour qu’ils ne puissent plus s’echapper. C’est toute une technique et François se débrouille bien ! Quelques jours plus tard, Vainiu et Marc nous proposent de partir camper sur la côte Sud de l’île. Nous voilà partis à l’aventure, hamac et moustiquaire dans le sac. Pas besoin de transporter beaucoup d’eau, nous cuirons le riz à l’eau de coco, et c’est un régal. Le campement se monte rapidement, nous faisons quatre feux que nous entretenons assidûment pour tenir les moustiques à distance. Nous partons ensuite à la pêche, à la ligne et à partir du récif pour les hommes, à pied sur le recif pour les femmes. Vainiu m’apprend à attraper les oursins et les pahua, et à les préparer. Lorsque la nuit est tombée, nous partons à la chasse au kaveu et aux langoustes. Puis nous rentrons dormir dans notre hamac. Voilà maintenant un an et demi que nous ne dormons que sur l’eau, bercés par les flots. C’est notre première nuit à terre depuis le début du voyage ! Au lever du jour, nous levons le camp et retournons vers le mouillage, retrouver Riboul’ qui nous attend sagement. Nous quittons nos amis, nous promettant une fois encore de nous revoir, puis nous mettons le cap sur Tahiti. La mer est agitée, le vent souffle bien et Ribouldingue file bon train. Au petit jour nous apercevons déjà Tahiti. Nous ne savons encore rien de ce qui nous attend pour la suite…

D’îles en îles, d’aventure en aventure…

C’est devenu une tradition : nos invités rédigent un article racontant leur séjour. Je laisse donc la plume à mes parents, qui nous rejoignent à bord le 2 octobre pour un mois de folie, à la découverte de la Polynésie.

Bonjour ! Nous revoilà sur Ribouldingue ! Nous sommes le 4 octobre. Aujourd’hui  nous visitons Papeete ! C’est une belle ville. Des efforts sont faits pour maintenir la ville accueillante : un bataillon d’ouvriers munis de souffleurs, balais et autre instruments de nettoyage sont à l’œuvre de bonne heure le matin. Petit tour sur la promenade qui longe le lagon et la Marina. Un bassin est aménagé tout le long des quais et nous permet de découvrir toute sorte de poissons. Petit tour de l’ile en voiture. Nous nous arrêtons auprès d’un Belvédère,  et nous avons la chance de voir depuis les hauteurs une baleine qui nous offre un festival de sauts. C’est très surprenant si près de la côte et nous restons bouche bée. Le soir, nous assistons à une très intéressante conférence sur les récifs coraliens du Pacifique, et les méfaits de la pollution sur l’environnement marin. Dommage que décalage horaire aidant nous piquions un peu du nez ! Le lendemain nous partons pour Moorea, première étape de notre périple vers les Iles sous Le Vent ! Le temps est magnifique, la mer est superbe la navigation s’annonce calme !

Nous voilà sur les hauteurs de Moorea, la grimpette a été difficile sous la chaleur, mais quel spectacle : la vue sur la baie de   Cook et d’Opunohu valait le détour. Récompense suprême, sur le retour nous nous arrêtons au lycée agricole et, avant la visite, nous dégusterons de merveilleuses glaces au lait de coco, à la mangue, parfumées à la vanille, à la fleur de tiaré… Le lendemain, courte balade de 20 km (il paraît que j’avais besoin de motivation) pour aller faire des courses, à la banque et voir de près la baie de Cook, et surtout visiter la fabrique de jus de fruit. Surprise ! Ils font des vins d’ananas et du rhum ! Différents de ce que nous connaissons, mais agréables à découvrir.


Et nous voilà partis pour Bora-Bora ! 36 heures de navigation en perspective, avec, pour nous, une grande première : la navigation de nuit ! Le calme qui règne la nuit sur un voilier est surprenant. Nous sommes au portant. On n’entend que le bruit des vagues sur la coque,  le vent dans les voiles. Une multitude d’étoiles scintillent tout là-haut, la lune nous éclaire et nous sommes envahis par un sentiment, de paix, de tranquillité ! Le bonheur pur ! Autre moment de bonheur pendant la traversée, à une centaine de mètres, les ébats d’une baleine qui se livre à ses exercices de sauts quotidien : sur le dos, sur le ventre, sur un aileron, battements de queue, nous retrouvons notre émerveillement d’enfant.
Nous sommes à Bora-Bora, découverte du snorkeling pour moi : j’ai observé un poisson coffre, une multitude de petits poissons bleus, un gros concombre de mer et une raie ! L’eau est claire à cet endroit. Le lendemain nous partons pour le centre du lagon, et  là quelle déception ! La vue est saccagée par de multiples installations hôtelières qui s’avancent sur pilotis. L’eau est opaque nous ôtant toute envie de bain. Nous ne nous éternisons pas et  repartons pour le premier mouillage, la corvée de lessive, courses diverses et variées, plein d’eau nous attendent, avant le départ pour Tahaa.


L’ile est superbe, dépaysante ! La végétation est luxuriante,  les couleurs sont vives, les maisons sont coquettes, les jardins bien entretenus. Nous visitons une ferme perlière. Les explications sur la culture des perles sont très  intéressantes. Quand nous sortons il tombe des cordes ! Nous sortons les cirés qui sont vraiment les bienvenus. La pluie fut-elle tropicale n’arrête pas les bretons que nous sommes. Le paysage est vraiment magnifique ! Des petits bouts de cartes postales, assemblés les uns aux autres.  Un pick-up bâché qui organise des « safaris» nous emmène au village, le même pick-up nous ramènera  juste où nous avons attaché l’annexe. Les gens sont vraiment sympathiques.

Départ pour Raiatea. Arrivée sans problème, le soleil est de retour et nous programmons « l‘escalade » du mont Tapioii, 294 m de dénivelé. Quelle épopée sous le soleil ! Le jeu en valait la chandelle ! Nous avons une vue, pratiquement à 360° sur le lagon entier ! Quel spectacle ! Les couleurs sont extraordinaires, cela va du bleu marine au bleu turquoise en passant par toutes les nuances de bleu. Le pique-nique, prend des allures de festin tant nous sommes éblouis par le panorama qui s’offre à nous. 

Départ pour Huahine, où nous changerons de mouillage tous les jours. Nous sommes  proches du centre du village de Fare. Le soir nous mangeons dans une roulotte. Pour Emeline et moi ce sera poisson cru au lait de coco et riz, une petite merveille ! Les garçons, moins aventureux, ont pris  poulet grillé frites pour Gilbert et hamburger frites pour François ! Tout le monde s’est régalé. Nous leur avons  demandé les prévisions météo, réponse : il y a 10 ans encore je pouvais  prévoir le temps du lendemain sans me tromper. Depuis 10 ans environ, je ne peux plus. Les choses ont changé, les saisons ne sont plus marquées comme autrefois et le temps n’est  plus prévisible ! Réchauffement climatique, bouleversement des saisons et du temps comme dans toutes les autres parties du monde, ce ne sont pas eux qui polluent, mais leur environnement est perturbé quand même ! C’est triste ! 
En route pour le sud de l’Ile. Arrivée à Paputea, mouillage dans une eau particulièrement limpide et attirante, et le soir la chef Emeline s’est surpassée en nous préparant des crabes au lait de coco et curry, un régal pour les papilles. Nous ne sommes pas très loin d’un hôtel, mais il n’est pas très grand et s’intègre parfaitement au paysage. Leur embarcadère nous permet d’accéder facilement à la plage. Le matin Gilbert et moi partons pour une balade pendant qu’Emeline et François s’attaquent au grattage de la coque de Ribouldingue qui est pourvue de véritables cheveux verts d’une bonne longueur !!! 


Nous poursuivons notre découverte. Quelle splendeur ! Un lagon comme on en voit au cinéma : de l’eau turquoise à perte de vue. Comme Riboul est un dériveur nous mouillons dans 1,20m d’eau. Nous sommes seuls au monde. Nous nous baignons avec un plaisir fou ! A quelques mètres l’eau est bleue profond signe que les fonds sont importants et là où nous sommes nous avons pied ! 

Aujourd’hui nous sommes à l’est  du lagon ! Une surprise de taille nous attend. Nous avons à peine franchi la passe que nous voyons des évents de baleine ! Impossible, pas dans un lagon ! Et bien si ! Même qu’elles sont 3 ! Vraisemblablement la maman et 2 baleineaux ! Incroyable ! Nous sommes émerveillés ! Un habitant nous propose des mangues, il nous amènera également un corossol et  des jeunes noix de coco dont nous boirons le jus très désaltérant et mangerons la pulpe tendre et fraîche. Il n’acceptera aucun paiement. 
Et voilà, il faut songer au voyage du retour, demain départ à 6 h nous regagnons Moorea. Trajet de 24 h prévu. La navigation s’annonce au près. Pas très confortable d’être sur un bateau qui gite, surtout dans la cabine avant. C’est une véritable machine à laver ! On est bousculé dans tous les sens ! L’eau frappe sur la coque et on entend un bruit de lave linge ! Je chasse Gilbert de la couchette du carré et l’envoie dans la cabine avant. Chacun son tour ! Je réussis à me rendormir presque jusqu’à la fin du voyage  les eaux se sont un peut calmées et mon estomac appréciera tout particulièrement notre arrivée dans le lagon de Moorea ! Surprise ! 7 ou 8 dauphins nous rejoignent dans le lagon et nous tiendront compagnie pendant toute la journée. Le lendemain ce sera un requin gris qui viendra tourner et virer près du bateau. Bien que réputé non dangereux, je m’abstiendrai de me baigner tant qu’il rôde dans les parages.

Voilà ! C’est fini ! Je garderai en mémoire l’impressionnante  vision de François perché sur la barre de flèche guidant Emeline à la barre pour l’entrée dans les passes, pour le choix du meilleur mouillage parmi les patates de corail ! Je n’oublierai pas non plus les somptueux petits-déjeuners (pancakes, crêpes, pain perdu), fondants au chocolat, thon mijoté au lait de coco, concoctés par Emeline, ni les merveilleux  pains fourrés et pizza préparés par François.
A l’aéroport, le 1er novembre, Emeline et François nous passeront au cou un collier de coquillages venus directement des Tuamotu. Cette fois c’est bien fini ! Il faut partir ! Je suis très triste de laisser Emeline et François et la Polynésie ! C’était un merveilleux séjour ! 

Mais d’autres aventures nous attendent les vacances ne sont pas finies ! A nous l’Australie !